Défi Lecture Langevin-DeVinci 2018

(actualisé le )

Le 18 mai 2018, s’est déroulée la deuxième journée « Défi Lecture » à l’Espace Marcel Carné à Saint Michel sur Orge. Deux classes du lycée Léonard De Vinci (1MELEC et 1SPVL) et deux classes du lycée Paul Langevin (1COM2 et 1GA2) ont bénéficié de différentes activités afin d’améliorer leur aisance à l’oral et leur capacité d’argumentation sur le thème des injustices.

Le projet

Cette rencontre est l’aboutissement du projet « Défi Lecture » sur lequel les élèves des classes concernées ont travaillé tout au long de l’année. Ils ont lu et échangé sur trois ouvrages traitant des injustices : Tendre Banlieue. L’appel au calme de Tito sur les violences dans les banlieues et les effets dévastateurs de la rumeur, Libérer Rahia de Yaël Hassan sur l’esclavage moderne et Le racisme expliqué à ma fille de Tahar Ben Jelloun sur le racisme. Ils ont également rédigé des questions sur ces ouvrages.
Ce projet a été conçu à partir du référentiel de Français en Première, en particulier l’objet d’étude « Les philosophes des Lumières et le combat contre l’injustice » dont l’étude doit amener les élèves à définir, reconnaître et dissocier argumentation directe et indirecte. Mais il a aussi permis de stimuler l’imaginaire qui est un des objectifs de l’objet d’étude « Du côté de l’imaginaire ». Il s’appuie également sur des démarches d’Enseignement Moral et Civique (EMC), en particulier le débat argumenté dans le thème « Exercer sa citoyenneté dans la République française et l’Union Européenne » qui vise à développer l’expression personnelle, l’argumentation et le sens critique, s’impliquer dans le travail en équipe et appréhender la notion d’engagement à travers le témoignage-fiction.

La première rencontre

Lors de la première journée qui s’était déroulée le 15 février 2018, les élèves ont fait la rencontre de l’auteur de Libérer Rahia, Yaël Hassan. Ils lui ont posé des questions sur son ouvrage, les raisons de sa rédaction, le choix du thème mais aussi plus généralement sur le métier d’écrivain. Ils ont ensuite participé en équipes mixtes Langevin/DeVinci à un Quizz sur les ouvrages lus puis ont regardé le documentaire A voix haute. La force de la parole de Stéphane De Freitas et Ladj Ly (2017) qui met en scène des jeunes du 93 se préparant au concours Eloquentia. A la suite de cette première rencontre, ils ont produit des textes présentant les trois activités et ce qu’ils en avaient retiré.

La deuxième rencontre

Lors de la deuxième journée qui s’est tenue le 18 mai 2018, les élèves volontaires ont bénéficié d’un atelier d’improvisation sous la houlette de Philippe PASTOT, metteur en scène de la Compagnie du Regard Imagin’action et d’un autre comédien amateur. Au cours de cet atelier, plusieurs exercices leur ont été proposés :
- une présentation en cercle avec posture : chacun son tour les élèves entraient dans le cercle et prononçait leur prénom et adoptant une posture personnalisée et assumée, puis les autres répétaient cette présentation.
- un échauffement d’improvisation : les élèves marchaient dans l’espace de jeu et, au coup de sifflet de l’arbitre (M Pastot), ils devaient jouer une situation : quelqu’un qui joue du basket et doit marquer un panier, quelqu’un qui promène son chien qui tire trop fort sur la laisse, des ours féroces avançant vers le public, des zombis, un groupe qui reçoit des jets de la part du public et doit les éviter. Dans le même esprit, ils ont également joué collectivement des photos-émotions : victoire de la France lors de la coupe du monde (joie), un bus qui vient les écraser (surprise, terreur), la fin du monde (peur, désespoir).
- une improvisation à deux : les élèves étaient répartis en deux lignes se faisant face délimitant l’espace de jeu. L’arbitre donnaient une posture ou un thème de base et les élèves devaient s’approprier et jouer cette impro : deux personnes se prennent dans les bras et sont contentes de se retrouver ou s’aiment, achat de chaussures dans un magasin… Ils ont ainsi fait des propositions mixtes puis sous la forme d’un zapping encadré par l’arbitre (trois improvisations radicalement différentes se faisant suite).
- une improvisation dite « cocus » en 1 min : deux équipes d’élèves ont eu un temps de concertation sur un thème, ici les vacances, puis ont du faire cette impro en 1 min.

Après cet atelier et une petite pause, les élèves ont assisté à un spectacle d’improvisation des intervenants rejoints par un troisième comédien. Ceux-ci se sont appuyés sur les mots donnés par le public (les élèves) pour proposer différentes improvisations et présenter quelques-unes des catégories d’impro qui existent :
- une impro à partir d’une pièce, d’un verbe-action, d’un animal,
- une improvisation dans la catégorie « Ralenti/rapide » : les comédiens ont ainsi fait une impro en alternant les rythmes normal et au ralenti,
- une improvisation dans la catégorie « Du réel à l’imaginaire » : partant d’une situation réelle (moment du coup de feu dans la cuisine d’un grand restaurant) pour arriver à ne situation irréelle (les cuisiniers sont aspirés par le four et visitent celui-ci),
- une improvisation dans la catégorie « Position du public » : une personne du public était invitée à venir sur scène, prendre une posture et garder celle-ci sans bouger le temps de l’impro. Chacun des comédiens proposait une impro à partir de cette posture,
- dans la même catégorie, trois personnes du public devaient venir sur scène et prendre une posture différentes. Les comédiens devaient mémoriser ses trois postures puis réaliser ensemble une improvisation en adoptant seulement ces trois postures et en les alternant,
- une improvisation dans la catégorie « Détournement d’objet » : le public confiait des objets aux comédiens qui proposaient une impro en les utilisant de manière détournée, c’est-à-dire en leur donnant une autre fonction (casquette/barbe, ballon/bébé, livre/pansement…),
- une improvisation dans la catégorie « Temps dégressif » : la même improvisation jouée en 1 minute puis en 30 secondes, puis en 15 secondes pis en 5 secondes,
- une improvisation dans la catégorie « Thème » : le public a proposé plusieurs thèmes liés aux injustices que les comédiens ont joué : l’homophobie, l’esclavagisme moderne, le handicap.
=> Les élèves ont ainsi pu voir deux types de théâtre : le théâtre de divertissement et le théâtre de dénonciation.

Les élèves ont ensuite pu poser des questions aux comédiens sur les difficultés de l’improvisation, sur le métier de comédien et le statut d’intermittent du spectacle.

Après une pause repas qui s’est déroulée dans la bonne humeur, se sont déroulées les joutes oratoires. Les élèves se sont affrontés en équipes mixtes Langevin/DeVinci. Deux équipes devaient échanger des arguments sur un même thème dans un temps donné (3 minutes) après s’être rapidement concertés (30 secondes). Ils devaient être attentifs à faire participer le plus de membres de leur équipe possible. A la fin de l’échange, le public (les autres élèves) votaient à l’aide de cartons bicolores pour l’équipe qui l’avait le plus convaincu, chaque couleur représentant une équipe.
Les différents thèmes étaient liés à l’injustice et s’appuyaient pour partie sur les programmes de Français et d’Histoire-Géographie de Première : les inégalités filles/garçons (difficultés pour les filles de faire certains métiers), l’injustice d’être puni à la place de quelqu’un d’autre, le racisme dans le sport, la préférence entre les enfants dans une fratrie, l’injustice lorsqu’un peuple est chassé de son territoire par un autre, les enfants qui ne peuvent pas aller à l’école, les maltraitances dans le couple (violences physiques et psychologiques), les inégalités entre les grands et les petits en taille, l’inégalité d’accès à certains services pour les SDF, les inégalités d’accès à l’eau.
Les adultes encadrant la sortie (professeurs, CPE, AED) se sont également prêtés à l’exercice sur deux thèmes proposés par les élèves : les inégalités entre les professeurs et les élèves et les inégalités entre les hommes et les femmes.

Après que toutes les équipes soient passées deux fois, Mme Tisset, DDFPT (Directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques) au lycée De Vinci a félicité les élèves, puis ceux-ci ont pu prendre un délicieux goûter proposé par les élèves de CAP de De Vinci (mini-entreprise Mona Lisa).
La journée s’est clôturée par la remise des prix, en présence de M Bailleul Proviseur adjoint du lycée Langevin, pour les équipes qui ont remporté le Quizz de la première journée, les Joutes verbales de la deuxième journée et le prix Cohésion décerné par les professeurs à l’équipe ayant fait participé le plus de membres. Afin de récompenser les élèves pour leur participation et leur investissement tout au long de l’année dans ce projet, ils sont chacun repartis avec une clef USB.

Ce projet continuera de porter ses fruits lors de l’année de Terminale au cours de l’étude de l’objet d’étude intitulé « La parole en spectacle ».
Ce projet a été élaboré par les enseignants de Lettres-Histoire Mme Clogenson et Mme Le Corvaisier (lycée De Vinci) ainsi que par Mme Petit et M Hennique (lycée Langevin), avec la collaboration de Mme Poumellec et M Nebti (professeurs documentalistes Langevin et De Vinci), ainsi qu’avec le soutien des directions des deux établissements, de la gestion et le renfort de la Vie scolaire et d’autres enseignants.